Notre chef
Il a toujours aimé chanter ! c’est bien le moins que l’on attende d’un chef amateur !
A défaut de formation universitaire et de diplôme académique (le diplôme de chef de chœur n’existait pas à ses débuts et il avait une autre profession…), il n’a que des anecdotes à proposer…
Son plus lointain souvenir de chanteur : il était à l’école publique de Chazelles/Lyon, probablement dans une classe correspondant au CM… Il était un « élève perturbateur » (enfant perturbé), presque chaque jour « à la porte » de la classe et des ‘tours de cour’… Ce jour-là, toute l’école était réunie sous le préau pour répéter la Marseillaise, avant de l’interpréter pour le 11 nov. Le directeur (M Terrasse ! terrifiant comme tous les directeurs de l’époque) faisait chanter tous les élèves de l’école. Tout à coup, le gamin le voit s’approcher de lui – une furie – le saisir par le col et le placer – habitué à être réprimandé il était terrorisé – devant toute l’école pour crier : « vous ne pouvez pas vivre votre chant comme lui ? »
Pour continuer avec des souvenirs d’enfance, au collège, il était encore la bête noire de tous ses profs (à moins que ce ne soit l’inverse !) qu’ils soient « de la libre ou de la laïque » … excepté en musique, les cours où tous ses copains « se lâchaient ». Et miracle, un prof l’a le premier – et le seul – reconnu comme élève respectable, lui décernait les 1ers prix de musique et surtout lui donnait l’envie d’écouter de la musique (malheureusement sans la pratique d’un instrument) et l’envie de chanter en chœur (*). Des années mémorables pour lui de chants, certes, de musique vocale, mais aussi d’échanges qui stimulent la recherche.

Puis il a aimé faire chanter :
Devenu moniteur de colonie de vacances (à son stage d’animateur, il ressent cet appel à « diriger »: tous ses collègues le poussant sur une table pour leur faire chanter : »la Volga » !) puis maître d’école, là où l’on doit être « bon en tout » il est reconnu par ses pairs bon animateur de chants ce qui l’amène à créer une chorale d’enfants, avec laquelle il intéresse son école à des projets artistiques (des contes musicaux aux échanges Comenius).
Il reconnaît l’apport immense des deux structures auxquelles il a adhéré : les Pueri Cantores (les Petits Chanteurs du forez avec Maurice Duret), mouvement international de chants religieux, puis la branche jeune du mouvement A Cœur Joie (entre autres les Cantilies avec l’énergie d’Hélène Guy…) .
Depuis sa retraite, tout son travail est consacré à la conduite de chœur et à la prospection de musiques vocales d’Europe (« insatiable de découvertes, la recherche me nourrit »). Bien sûr dans notre région campagnarde (« à l’habitat dispersé » ! rien de péjoratif !) il ne peut conduire une chorale spécialisée. Mais pour lui-même et ses chanteurs – et leurs publics – il se donne une règle alliant exigence de découverte et nécessité de plaisir immédiat : musique vocale « sérieuse » et chansons harmonisées, en essayant de chanter à part presqu’égale en français et en langue étrangère.
Certes, sa pratique de direction n’est pas toujours académique, parfois « à l’emporte-pièce » son « autorité » n’induit pas un silence parfait en répétition, ses partitions retravaillées ne semblent jamais définitives… mais ce qui lui importe, c’est que, malgré ses manques, le chœur vive sa musique, le public soit ému. On aime donc sentir notre chef vibrer avec nous tous, chanteurs, auditeurs, à l’interprétation de nos chants longuement et sérieusement travaillés avec lui.